15 mars 2022

Pour l'amour de mon Narcissique 

Par Kathy Marquis 

Les trois premières années de ma trentaine ont été merveilleuses. OK … il y a eu plein de remises en question importantes, d’ajustements, de gains, de pertes et d’incertitudes (c’était quand même mon retour de Saturne après tout !), mais … pleinement épanouie !

Je faisais doucement la rencontre de cette femme, nouvelle trentenaire, qui avait emmagasiné avec brio tous les apprentissages nécessaires de ses expériences et des heures de thérapie cumulées pendant sa vingtaine. J’avais un emploi de rêve qui me passionnait en plus de me permettre de gagner un salaire largement au-dessus de la moyenne, je m’offrais des voyages trois à quatre fois par année à la découverte de nouvelles cultures, j’avais des amis en or, un calendrier toujours rempli d’activités sociales, une meilleure amie à quatre pattes qui m’attendait tous les soirs avec une belle grosse dose d’amour à m’offrir, bref ça allait vraiment ben mes affaires !

Quelques années plus tard, je l’ai vu. Je l’ai aimé. J’ai failli me tuer.

C’est mon histoire.

Ceci n’est pas le récit de l’emprise d’un amoureux narcissique au tempérament violent. On a déjà entendu cette histoire cent fois et je viens de mentionner tout ce qu’il y avait à dire au sein de la dernière phrase. (Et entre vous et moi, c’est bien ce qu’ils veulent après tout, de l’attention n’est-ce pas ? Non merci. Je vais passer mon tour cette fois-ci!)

C’est plutôt l’histoire d’une femme qui pensait être ben au-dessus de ses affaires avec ses millions de lectures de psycho-pop, qui était enfin prête à s’investir pleinement avec un partenaire dans le but de fonder une famille et qui finalement … manquait considérablement d’amour propre pour être capable de réaliser ses plus grands rêves. Il est important de faire mention ici que l’impact de cette chose, dont on a vraiment plus envie de parler et qui va nous suivre jusque dans les livres d’histoire secondaire quatre de nos enfants, a eu raison de beaucoup dans le contexte.

Cela étant dit, le véritable problème reste le même. Je me suis complètement perdue aux dépens de l’amour pour un homme. Je voulais tellement prendre soin de mon partenaire que j’ai fini par me blesser profondément.

Je ne dormais plus, j’avais de la difficulté à maintenir mes entrainements sportifs de salon, mon alimentation était composée de beaucoup (beaucoup) de vin, de pâtes, de chocolat de popcorn Boomchickapop (que j’ai écrit ici avec le lien web redirectionnel parce qu’honnêtement, la saveur sucrée salée est de loin la meilleure au monde et qu’en période de blues, ça fait quand même du bien !) d’une vie sociale quasi effacée et de mon corps qui ne cessait plus de maigrir de semaine en semaine.

Un jour où mon copain était parti à l’extérieur de la ville le temps d’un weekend, j’avais non seulement été capable de dormir, mais je me suis réveillé avec un regain de vie tellement puissant que même mon animal de compagnie ne saisissait pas le niveau élevé de mon énergie.

À mon réveil, j’ai bondi endors du lit en dansant et chantant la chanson du roi lion À TUE-TÊTE! Le soleil plombait dans la maison intensément et sa chaleur me faisait du bien. J’en ai profité pour ouvrir toutes les fenêtres afin que la brise printanière puisse rafraichir la maison. J’ai commencé à courir avec Belka (ma chienne) de pièce en pièce comme si nous jouons à la tag. Je riais aux éclats au point d’en avoir mal au ventre jusqu’au moment où j’ai levé la tête et que mon regard a croisé subitement mes yeux dans le miroir. J’ai figé. Je me suis avancé tranquillement vers la glace. J’ai délicatement glissé mes doigts sur ce qui apparaissait comme étant mon visage jusqu’à mon épaule amaigrie et frêle. Des larmes de soulagement coulaient sur mon visage. Je me retrouvais, enfin.

Ça faisait bientôt un an que je vivais sur un pilote automatique à simplement essayer de survivre au sein de tous ces changements et ces crises qui m’étaient imposées. Par amour, je restais aux côtés d’un homme qui avait besoin de soutien. Par amour, je passais mes besoins, ma santé et ma sécurité, en deuxième. Malgré tout l’amour que j’avais à offrir, j’avais oublié d’aimer le plus important. Moi.

Les semaines qui ont suivi ma séparation n’ont pas été faciles. Il était dur de repartir à zéro, une fois de plus, à 34 ans.
Je me souviens d’un moment où j’étais en train de placer ma vaisselle dans mon nouveau logement et où je me suis effondrée en larmes après avoir fait le décompte du nombre de fois que j’avais déménagé au sein des dix dernières années. Autant de déménagements à essayer de trouver une quiétude, une stabilité et un sentiment d’être CHEZ MOI.

Je ne comprenais pas comment j’avais pu me perdre à ce point. J’ai tenté de résoudre ce mystère par diverses façons. J’ai parlé, sans cesse, à mes proches, à mon psy et même parfois à des étrangers qui avaient le malheur de venir s’assoir à mes côtés au parc. (Tu pensais être tranquille avec ton romand de Danielle Steel en ce samedi ensoleillé ma chère dame ? Et bien non. Moi, là là, j’ai besoin de démystifier mon fonctionnement cérébral et toi, tu vas m’écouter.) Je fais partie de ces gens qui ont besoin de comprendre les choses pour arriver à lâcher-prise.

Bien que j’aime ce côté curieux de moi, ceci a été l’un des plus beaux apprentissages que j’ai faits. Il n’est pas nécessaire de tout savoir et de tout comprendre pour accepter les événements que la vie met sur notre chemin. Parfois, il n’y a aucune réponse concrète et c’est bien correct ainsi, car ce n’est pas là où mon focus devait se diriger, mais plutôt à l’intérieur de moi.

Je me suis alors penché les raisons qui avaient fait en sorte que je n’avais pas respecter mes propres limites. Je me suis réaffirmé envers moi-même, j'ai redéfini ma définition de mon amour propre et surtout, je me suis pardonné. Dans un de mes fameux livres de psycho-pop il était indiqué que si on n’assimile pas les apprentissages que la vie nous envoie sur notre chemin, il est fort possible d’être confronté à d’autres situations ayant des résultats similaires jusqu’à tant que l’apprentissage soit fait. Cette fois, j’ai compris. Merci.

La meilleure façon d’aimer peu importe qu’on parle d’amour, d’amitié, de collègue ou autres, est de s’aimer pleinement soi-même. Aujourd’hui, je me sens pleinement enraciné dans la femme que je suis en plus d’être complètement aligné avec ce que je souhaite attirer dans ma vie.

Chaque journée aura son revers bien entendu, mais quand on se laisse la chance de vraiment l’apprécier, c’est vrai que c’est foutument beau la trentaine !

Kate
xx